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source: http://www.mdheal.org/leakygut.htm
traduction / Manu
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Ce concept n'est pas bien connu par le grand publique, ni très documenté en Français, mais, chez les anglo-saxons, l'idée a été développée et des moyens d'y remédier ont été testé.
Si vous avez compris que l'intestin est un filtre, mais que la qualité du filtre peut aller de très bon (sujet sain) à la passoire (nous, les malades souffrant d'inflammation intestinale souvent méconnue). Et si vous avez compris que l'intestin est probablement au centre de la Spondylarthrite, Alors, vous serez intéressés par cette petite traduction....



Syndrome d’hyper perméabilité intestinale


D’un point de vue fonctionnel, le contenu de la lumière intestinale est éliminée à l’extérieur du corps, il est chargé de déchets toxiques et d’antigènes desquels le corps doit se protéger. Cette protection fait intervenir des mécanismes interdépendants : les sécrétions intestinales (principalement le mucus et les IgA sécrétoires), la muqueuse épithéliale et des lymphocytes [1]. Après cela, le foie est la barrière intestinale à travers laquelle les substances provenant de l’intestin doivent passer avant de pouvoir rejoindre le flux sanguin qui les mènera aux différents tissus et organes. Les cellules de Kupffer situées dans le sinus hépatique enlèvent par phagocytose les macromolécules absorbées. Les enzymes des microsomes hépatiques s’attaquent aux substances chimiques provenant de l’intestin par des phénomènes d’oxydation et par conjugaison à la glycine et au glutathion (GSH) avant une excrétion dans la bile ou un passage dans les reins. Le coût de cette détoxication est élevé, des intermédiaires réducteurs et des radicaux libres sont produits tandis que les anti-oxydants comme le glutathion sont consommés [2, 3]. Toute atteinte à ces fonctions de barrière intestinale augmente la production d’oxydants et de substances carcinogènes par les cytochrome P450 hépatiques (mixed fonction oxydase system) . l’excrétion des sous-produits d'oxydation dans la bile et le reflux de cette bile "toxique" dans les conduits pancréatiques peuvent être la cause principale de la pancréatite chronique.[4 , 5]

L’atteinte de la fonction de barrière intestinale peut aussi causer des maladies directement, par des mécanismes immunologiques. [6-9] Une perméabilité augmentée des réponses classiques d’hypersensibilité aux aliments et aux composants normaux de la flore intestinale ; les endotoxines bactériennes, les polymères membranaires et le gluten alimentaire peuvent être responsables dune activation « non-spécifique » des voies inflammatoires relayées par le complément et les cytokynes . [10] Chez les animaux de laboratoire, de passages sanguins chroniques d’endotoxines provoquent des troubles auto-immuns. [11-13]

Les syndromes d’hyper perméabilité intestinale sont des désordres cliniques associés à une perméabilité intestinale exacerbée. Ils incluent les maladies infectieuses et inflammatoires de l’intestin [14-19], les rhumatismes inflammatoires chroniques [9, 20-24], des atteintes cutanées telles que l’acné, le psoriasis et la dermite herpétiforme [25-28], beaucoup de maladies aggravées par des allergies alimentaires ou des intolérances alimentaires spécifiques, comme l’eczéma, l’urticaire, et le syndrome de l’intestin irritable [29-37], les déficits immunitaires [38-40], le syndrome de fatigue chronique, les hépatites chroniques [41], les pancréatites chroniques [4, 5], la fibrose cystique [42] et le carcinome pancréatique. L’hyper perméabilité pourrait jouer un rôle étiologique primordiale dans l’évolution de chaque maladie, ou pourrait en être une conséquence secondaire ce qui cause l’’activation immunitaire, le dysfonctionnement hépatique et l’insuffisance pancréatique, créant un cercle viscieux. A moins d’investigation spécifiques, le rôle de la perméabilité intestinale altérée chez les patients ayant un « syndrome d’hyper perméabilité intestinale » reste souvent méconnu. La disponibilité de techniques sûres, non invasives, et peu coûteuses pour mesurer la perméabilité de l’intestin grèle donne la possibilité aux cliniciens d’observer la présence d’une perméabilité intestinale altérée chez leur patients et pour évaluer objectivement l’efficacité des traitements. Surveiller la perméabilité intestinale chez les patients atteints de maladies chroniques associé au « syndrome d’hyper perméabilité intestinale » pourrait aider à améliorer les résultats cliniques.

DÉCLENCHEMENTS ET MÉDIATEURS DE L'INTESTIN  HYPER PERMÉABLE

Les syndromes d’hyper perméabilité intestinale sont souvent provoqués par des substances qui endommagent l’intégrité de la muqueuse intestinale, déconnectant les desmosomes qui sont attachés à la membrane épithéliale, augmentant ainsi l’absorption para cellulaire passive. La cause la plus sommune de ce type de dommage est représenté par les agents infectieux (viraux, bactériens, protozoaires..) [43-46], l’éthanol (l’alcool) [47-48] et les anti-inflammatoires non stéroïdiens [20, 49, 50]. L’hypoxie de l’intestin (apparaissant lors des chirurgies à cœur ouvert ou des  états de choc) [51, 52], des taux élevés de métabolites oxydants (biliaire, d’origine alimentaire ou produits par des cellules inflammatoires) [53], les médicaments cytotoxiques (chimiothérapie) [54-56] augmentent aussi la perméabilité para-cellulaire.

LES 4 CERCLES VISCIEUX

CERCLE 1 : L’ALLERGIE

La relation entre la sensibilité aux aliments et le syndrome d’hyper perméabilité intestinale est complexe et circulaire. Les enfants et adultes avec de l’eczéma, de l’urticaire ou de l’asthme déclenchées par une allergie alimentaire sur terrain atopic  ont des taux de base de perméabilité intestinale qui sont plus élevés que chez les sujets témoins [57-59].
Suite à l’exposition à des aliments allergéniques, la perméabilité augmente brusquement. La plus grande partie de cette augmentation peut être prévenue par l’administration préventive de cromoglycate de sodium [32, 34, 57-59], cela indique que la libération depuis les mastocytes de médiateurs de l’atopie tels que l’histamine et la sérotonine sont responsables de l’augmentation de la perméabilité. Il apparaît donc qu’une augmentation de la perméabilité intestinale est important dans la pathogénèse de l’allergie alimentaire mais est aussi une conséquence de l’allergie alimentaire.

Claude André, le principale chercheur français dans ce domaine, a proposé la mesure de la perméabilité intestinale comme un test d’évaluation sensible et pratique pour diagnostiquer une allergie alimentaire et pour suivre la réponse au traitement [57]. Dans le protocole du chercheur André, les patients suspects d’allergies alimentaires ingurgitent respectivement 5 g. de sucre lactulose et de mannitol . Ces sucres ne sont pas métabolisés par les humains et toute les quantités ingurgitées sont complètement éliminées par les urines dans les 6 heures. Le mannitol, un monosaccharide, est passivement transporté par les cellules épithéliales intestinales ; l'absorption moyenne est 14% de la dose administrée (marge : 5-25%). En revanche, la barrière intestinale est imperméable au lactulose, un disaccharide ; moins de 1% de la dose administrée est normalement absorbé. L'excrétion différentielle du lactulose et du mannitol dans l’urine est alors mesurée. Le rapport normal du rappot lactulose/mannitol récupéré dans l’urine est inférieur à 0.03. Un rapport plus élevé signifie l'absorption excessive du lactulose causée par la rupture des desmosomes qui scellent les jonctions serrées intercellulaires. Le test d’absorption lactulose/mannitol est exécuté  à jeun et encore après l'ingestion d'un repas test. À l'hôpital St Vincent de Paul à Paris, l'essai de perméabilité a été efficacement employé avec les enfants en bas âge allergiques pour déterminer quelles modifications diététiques leurs mères devaient faire tout en allaitant au sein et déterminer quelles formules infantiles "hypoallergéniques" elles devaient éviter afin de soulager leurs symptômes [ 60 ].

CYCLE DEUX : MALNUTRITION

La déconnexion des desmosomes augmente l’absorption des macro-molécules. Si les cellules épithéliales sont elles aussi endommagées, une diminution de l’absorption trans-cellulaire peut accompagner l’augmentation de l’absorption para-cellulaire. Parce que les nutriments normalement absorbés par la voie trans-cellulaire, une malnutrition peut intervenir, aggravant les perturbations structurelles et fonctionnelles [61]. En condition normale, l’épithélium intestinale a la fréquence de mitose (multiplication cellulaire) le plus rapide de l’organisme ; les vielles cellules muent et un nouvel épithélium est généré en 3 à 6 jours [62, 63]. Les demandes métaboliques d’un tel remplacement cellulaire physiologiquement rapide doivent être réunis pour éventuellement réparer des dommages. S’ils ne sont pas réunis, l’hyper perméabilité s’aggrave [64, 65].
La correction des déficiences nutritionnelles avec un régime approprié et des compléments alimentaires est essentiel dans le cas particulier des patients avec le syndrome d’hyper perméabilité intestinale. Des recommandations spécifiques seront formulées dans la dernière section de ce document. Parce qu’il y a association entre hyper perméabilité et un dysfonctionnement pancréatique, une supplémentation en enzyme pancréatique peut aussi  être nécessaire.

CYCLE TROIS : DYSBIOSE INTESTINALE

La dysbiose est un état dans lequel une maladie ou un dysfonctionnement est provoqué par des micro-organismes à pauvre potentiel virulent intrinsèque qui altèrent la réponse métabolique et immunologique chez leurs hôtes. Cette condition a fait l’objet d’un article récent [66]. La sensibilisation immunitaire envers la flore normale de l’intestin est une forme importante de dysbiose , qui serait impliquée dans la pathogénèse de la maladie de Crohn et la Spondylarthrite Ankylosante [67-81]. Des résultats de recherche récentes suggèrent que la sensibilisation soit une complication précoce d’une perméabilité altérée et augmente l’hyperperméabilité en induisant une entéropathie inflammatoire[82, 83].  Ce phénomène a été bien étudié dans le cas des anti inflammatoires non stéroïdiens (AINS). Des doses uniques d’aspirine ou d’indométhacine augmentant la perméabilité trans-cellulaire ,  en partie en diminuant les prostaglandines protectrices [20, 49, 50, 84, 85]. L’hyper perméabilité peut être prévenue en partie en administrant un traitement à base de prostaglandine E analogues, le Misoprosterol DCI (en France, on le trouve sous le nom de CYTOTEC° ).
L’exposition chronique aux AINS produit un état d’hyper perméabilité chronique associé à l’inflammation, qui ne peux pas être renversé par l’utilisation du misoprosterol mais qui peut être à la fois prévenu et renversé par l’administration d’un anti-biotique : le metronidazole (en France : FLAGYL°) [83, 86]. L’efficacité du metronidazole dans la prévention des hyper perméabilités induites par les AINS reflète le röle très probable des toxines bactériennes  dans le maintient de ce cercle vicieux. Une seule dose d’endotoxine bactérienne , administrée par injection, augmente la perméabilité intestinale chez les sujets sains [87]. Des arthrites chroniques peuvent être induites chez les rats par l’injection de fragments de membranes cellulaires isolés à partir d’entéro-bactéries anaérobies (bactéries intestinales qui survivent dans les milieux sans oxygène) [88]. Les patients souffrants de polyarthrite rhumatoïde recevant des AINS ont des taux d’anticorps contre Clostridium Perfringens et contre son alpha-toxine,  ce qui apparait comme un effet secondaire des AINS [89].

Il existe une documentation très fournie sur le rôle thérapeutique du metronidazole et d’autres antibiotiques dans la maladie de Crohn et la polyarthrite rhumatoïde [90-98]. Les mécanismes qui sous-tendent la réponse font encore l’objet de discussion. Dans le cas des tetracycliques, un groupe affirme que la présence de mycoplasme dans l’articulation est à l’origine de la polyarthrite, les autres ont contré cet affirmation en démontrant que la monocycline était directement immunosuppressive in-vitro [99]. Parce ce que tous les patients souffrant d’arthrites ont utilisé des AINS, et parce que les entéropathies aux AINS sont associés à une sensibilisation aux bactéries intestinales, il est possible que la réponse aux anti-biotiques de certains patients souffrant de maladies inflammatoires soit un effet secondaire des sensibilisation bactériennes induites par les AINS et qui viendraient aggraver le syndrome d’hyper perméabilité intestinale.
Modifier la flore intestinale avec des anti-biotiques naturels ou synthétiques, des pro biotiques, un régime est le triptyque de la stratégie pour lutter contre le syndrome d’hyper perméabilité intestinale.
En regardant du côté des régimes alimentaires, on constate que les patients dont la maladie est améliorées par un régime végétarien sont ceux chez qui le régime a modifié la flore intestinale. Si le régime végétarien n’arrive pas à modifier l’écosystème intestinale, l’arthrite ne s’améliore pas [100].

CERCLE QUATRE : LE STRESS HEPATIQUE

Les foies de patients à l’intestin hyper perméable travaille en sur régime pour éliminer les macromolécules et les toxines oxydantes intestinales. L'activité à fonctions mixtes d'oxydase du cytochrome P-450 est induite et la synthèse hépatique de radicaux libres augmente. Il en résulte des dommages causés aux hépatocytes et l’excrétion de sous-produits réactifs dans la bile, en produisant une bile toxique capable d’endommager les voies biliaires et de refluer dans le pancréas [4, 5]. En essayant d'éliminer les produits toxiques d'oxydation, le foie épuise ses réserves en acides aminés contenant du soufre [ 101 ]. Ces mécanismes les plus clairs ont été démontrés dans la maladie hépatique alcoolique [ 47 ]. Sudduth [ 102 ] propose que l'acte initiale soit l'augmentation sous l’effet de l’alcool de la perméabilité de l’intestin qui crée l’intoxication hépatique. L’intoxication hépatique augmentera ensuite la perméabilité, altèrera le métabolisme hépatique, et stimulera la synthèse hépatique d’espèces réactives qui seront excrétées dans la bile. Cette bile toxique, riche en radicaux libres, ira endommager la muqueuse de l’intestin grêle, exacerbant l’hyper perméabilité.


UNE APPROCHE PRATIQUE

Test au mannitol/lactulose


si le test à jeun initial au lactulose est élevé, ou si le rapports à jeun initial du test lactulose/mannitol est élevé, il faut considérer la possibilité d’une maladie inflammatoire intestinale intermédiaire ou d’une entéropathie au gluten. Il y a quatre autres consédirations à prendre en compte :
(a) exposition : alcool, AINS, chimio….
(b) Infection : parasitose, candidose, VIH, gastro entérite virale ou bactérienne
(c) Allergies alimentaires
(d) Croissance trop importante de la flore intestinale causée par l’hypo chlorhydrie gastrique, mauvaise digestion, stase

TRAITEMENT LOCAL

(1) epidermal groth factor : facteur de croissance epidermique : la salive apporte ce facteur : mastiquez vos aliments
(2) saccharomyces boulardii : (en France :ULTRA LEVURE)
(3) lactobacillus casei var GG (en France : Ergyphilus du labo nutergia)
(4) la glutamine, pour nourrir les entérocytes
(5) du glutathion , important anti oxydant
(6) des flavonoïdes : par exemple la quercitine qui inhiberait l’espression de l’hidtamine et d’autres médiateurs de l’inflammation
(7) des acides gras essentiels, biensûr l’acide gamma linolenique (omega 3)
(8) une alimentation riche en fibre
(9) gamma oryzanol : une mixture complexe d’esters d’acide ferulique et de triterpene-alcool dérivés de fibre de riz

 

maladies associées à une augmentation de la perméabilité intestinale

-Maladies inflammatoires de l'intestin
-Gastro entérites infectieuses
-Spondylarthropathies
-Acné
-Eczema
-Psoriasis
-Urticaire
-infection à HIV
-Fibrose cystique
-Insuffisance pancréatique
-Syndrome de l'intestin irritable avec intolérance alimentaire
-syndrome de fatigue chronique et de dysfonctionnement immunologique (voir www.cfids.org )
-arthrite chronique traitée par anti inflammatoires non stéroïdiens
-alcoolisme
-cancer traité par chimiothérapie
-maladie coeliaque
-dermite herpétiforme
-Autisme
-hyper activité infantile
-maladie environementale
-sensibilité chimique ou alimentaire multiple




symtomes associés à l'augmentation de la perméabilité intestinale

-fatigue, malaise
-arthralgie
-myalgie
-fièvre d'origine inconnue
-intolérance alimentaire
-douleurs abdominales
-distension abdominale
-diarrhée
-rougeurs cutanées
-sensation d'intoxication
-déficit cognitif et troubles de la mémoire
-soufle coupé
-faible tolérance à l'exercice physique